Libéria: La Pression Monte Pour la Mise en Oeuvre des Recommandations de la CVR Alors que la Justice Pour la Guerre et les Crimes Economiques Occupe une Place Centrale à l’International Confab

Les principales parties prenantes internationales et les experts du monde entier réclament justice pour les victimes de crimes de guerre au Libéria en appelant à la pleine mise en œuvre des recommandations de la Commission vérité et réconciliation (CVR). La demande concertée est venue lors d’une récente conférence internationale parrainée par la Global Initiative for Justice (GIJ) basée en Europe.

La conférence qui s’est tenue au cours du week-end a réuni un panel de conférenciers de haut niveau comprenant des experts de premier plan dans le domaine de la justice internationale ainsi que des membres de l’Assemblée législative libérienne et des dirigeants clés de la société civile d’Europe, des États-Unis et d’Afrique. Parmi les autres participants figuraient des parties prenantes majeures des Nations Unies (ONU) et des dirigeants de diverses organisations internationales qui ont souligné le besoin de justice sur la question de la guerre et des crimes économiques au Libéria.

Dans sa déclaration officielle à la conférence, l’ancien ambassadeur américain en général et le procureur en chef du tribunal spécial de l’ONU, Steven Rapp, ont exprimé la ferme conviction que la responsabilité et l’état de droit sont essentiels pour que le Libéria soit pacifique et prospère. Il a noté que «si l’impunité continue de régner, les auteurs croiront qu’ils peuvent violer et appauvrir le peuple libérien sans conséquences». Il a ajouté: «s’il n’y a pas de responsabilité, il sera très difficile de construire le pays que le Libéria mérite d’être».

Parmi les autres orateurs figuraient l’ancien enquêteur spécial des Nations Unies, le Dr Alan White, qui a mis en garde contre les dangers de l’impunité au Libéria, et l’ancien président de la CVR Cllr. Jérôme Verdier, qui a interpellé le gouvernement libérien, voit la nécessité cruciale de mettre en œuvre les recommandations de la CVR qui sont bloquées depuis plus d’une décennie. «Il est douloureux que la plupart des victimes finissent par mourir sans voir la justice et la culture continue de l’impunité encouragera les auteurs de crimes de guerre à retourner à leurs anciennes habitudes, menaçant l’avenir d’une paix et d’une stabilité durables au Libéria», a noté M. Verdier.

Parmi les autres panélistes figuraient l’ancien dirigeant de l’Union de la presse du Libéria (PUL) Isaac Bantu, l’ancien commissaire de la TRC John Stewart, l’avocat des droits de l’homme Adama Dempster et John F. Lloyd, président de la All Liberian Diaspora Conference.

Dans les remarques précédentes, le président du GIJ, Michael G. Mueller, s’est dit préoccupé par le déclin de l’état du secteur de la justice au Libéria et par le manque apparent de volonté du gouvernement libérien de mettre en œuvre toutes les recommandations du rapport de la CVR. Il a cité que la création du Tribunal des crimes de guerre et des crimes économiques au Libéria est cruciale parmi les recommandations de la CVR pour apporter une réparation finale aux atrocités commises en temps de guerre pendant la longue période de crise civile libérienne. Mueller, qui est également président de la Fédération européenne des associations libériennes (EFLA), a ajouté que la question de la justice ne devrait plus être retardée si de véritables progrès sont souhaités. «Il doit y avoir justice au Libéria, et nous l’exigeons maintenant!» conclut-il.

Plusieurs orateurs ont souligné le besoin de justice au Libéria en faisant à plusieurs reprises référence à l’adage selon lequel «justice différée est justice refusée». L’attention a été appelée sur une culture d’impunité qui sévit au Libéria, le viol détruisant l’avenir des jeunes filles et bébés libériens.

Sous le thème «À la poursuite de la justice», la conférence virtuelle organisée par le GIJ en collaboration avec l’International Justice Group (IJG) a été animée par le professeur Welma Redd de la Morgan State University. L’Initiative mondiale pour la justice, une organisation internationale à but non lucratif avec des opérations en Europe est une émanation de la résolution de la conférence de décembre 2019 «All Liberian Diaspora Conference» tenue dans l’État du Maryland, aux États-Unis.

La conférence intervient onze ans après la soumission officielle du rapport et des recommandations de la CVR de 2009. Il est largement préoccupé de constater qu’en dépit des efforts multiples impliquant la pression de la Commission des droits de l’homme des Nations Unies, les administrations antérieures et actuelles du gouvernement libérien n’ont pas respecté les recommandations du rapport. Au lendemain de la guerre civile au Libéria, des dizaines de suspects de crimes de guerre libériens ont été arrêtés et jugés aux États-Unis et en Europe, mais aucune de ces mesures judiciaires n’a eu lieu au Libéria.

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